3 questions à Sophie Feuerstein, Experte en conduite du changement des organisations soignantes

30 mars 2026 · 2 minutes de lecture

Réunion de lancement. Le plan est posé, les objectifs sont clairs, le calendrier tient la route.
Autour de la table, les managers acquiescent… sans forcément se projeter.

Quelques semaines plus tard, le décalage apparaît : des équipes peu mobilisées, des actions qui peinent à démarrer, un rythme qui s’essouffle.
Non pas par manque de volonté, mais parce que quelque chose n’a pas pris.

Alors la question se pose, très concrètement : qu’est-ce qui fait réellement basculer un projet de transformation du “prévu” au “réalisé” ?

Pour répondre à ces questions, le regard de Sophie Feuerstein, Directrice d’hôpital, directrice des soins, nous apporte son regard sur ce qui permet réellement d’embarquer l’encadrement dans les projets transformants.

1. Quels sont les vrais leviers de motivation pour que les managers impriment le mouvement de la transformation ?
Ce qui embarque vraiment les managers, c’est d’abord de ne pas leur demander d’appliquer un projet qu’ils n’ont pas construit : ils doivent en être partie prenante dès le départ.

Être sollicité dès le début va générer de la confiance dans le projet. Celle-ci joue énormément. Elle passe également par une parole claire, des échanges réguliers et un cadre lisible.

Un diagnostic solide évite aussi l’effet “hors-sol” qui démobilise très vite.

Enfin, quand la méthode est compréhensible et partagée, chacun sait où il va — et pourquoi il y va. C’est là que l’engagement devient réel, pas seulement affiché.

En résumé :

  • Embarquement immédiat
  • Transparence sur les enjeux et le cadre
  • Diagnostic solide
  • Méthode compréhensible et partagée

2. Comment mettre concrètement en œuvre ce différents leviers, au quotidien ?


Très concrètement, cela commence toujours par associer les équipes à un diagnostic terrain, avec des temps d’écoute structurés mais sincères. Il faut pouvoir leur restituer la façon dont leur parole est prise en compte, et écouter leurs propositions de solutions opérationnelles. Le plus dur est sûrement de faire converger toutes ces attentes et toutes ces propositions, mais il est probable que beaucoup d’éléments recueillis convergent et que tous s’y retrouvent.

Pour le suivi de la mise en oeuvre, des rituels simples sont opérants : points d’avancement courts, feedbacks réguliers, ajustements visibles.

La méthode doit être expliquée par la direction en charge du projet dès le départ, puis facilitée par des outils concrets qui ne font surtout pas « usine à gaz » (planning, livrables, indicateurs). Le manager de proximité n’est pas seul : il est soutenu, outillé, et peut s’appuyer sur un collectif. C’est cette continuité dans les actions qui rend la transformation tangible.

3. Qu’est-ce qui fait la différence entre un projet qui fonctionne et un projet qui patine ?


Souvent, tout se joue dans le rythme et la tenue du cap : un projet qui s’étire perd en énergie et en crédibilité. Ceux qui fonctionnent respectent globalement leur tempo initial, avec des résultats visibles au fil de l’eau. Mais au-delà du planning, il y a le ressenti des participants : se sentent-ils utiles, entendus, impliqués ? Valoriser le chemin parcouru dans des temps individuels et collectifs permet d’obtenir des réponses à ces préoccupations.

Quand les premiers bénéfices apparaissent rapidement, même modestes, la dynamique s’enclenche. À l’inverse, sans résultats perceptibles, l’essoufflement arrive très vite.

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